Journal en français facile 16/10/2021 20h00 GMT
22h00 ici à Paris, 20h00 en temps universel. Merci d'écouter RFI.
Sébastien Duhamel : Votre Journal en français facile comme tous les soirs et avec moi pour le présenter Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie.
Sylvie Berruet : Bonsoir Sébastien, bonsoir à tous.
SD : À la Une de l'actualité : la France rendait hommage aujourd'hui.
SB : Hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961 : des manifestants algériens, violemment réprimés et tués par la police française. 60 ans après, Emmanuel Macron s'est rendu sur les lieux du drame, il est le premier président à le faire.
SD : En France encore, hommage également aujourd'hui à Samuel Paty, le professeur d'histoire-géographie assassiné il y a un an et devenu symbole de la liberté d'expression.
SB : Les adieux d'Angela Merkel à Recep Tayyip Erdogan. La chancelière allemande a effectué sa dernière visite officielle aujourd'hui en Turquie.
SD : Et puis une émeute en Russie, dans une prison du Caucase. Les autorités annoncent l'ouverture d'une enquête, les détenus dénoncent des actes de torture.
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SB : La France a donc vécu au rythme des hommages aujourd'hui.
SD : Hommage notamment aux victimes de la répression sanglante du 17 octobre 1961. Ce jour-là, il y a 60 ans, des manifestants algériens s'étaient donné rendez-vous au bord de la Seine. À l'appel du FLN, ils bravaient alors un couvre-feu imposé aux seuls Maghrébins, avant d'être finalement violement réprimés par la police. Un massacre dont on ignore encore le bilan aujourd'hui, certains historiens parlent de plus 100 morts, la République en retient officiellement trois.
SB : Mais pour la première fois, un président français s'est rendu sur les lieux du drame.
SD : Emmanuel Macron a rendu hommage, à Colombes, au pont de Bezons, en région parisienne. Et dans un communiqué, le chef de l'État a reconnu des « crimes inexcusables », commis sous l'autorité d'un homme : Maurice Papon, alors préfet de police. Des mots qui sont loin de satisfaire les familles des victimes. Elles doivent justement manifester demain à Paris. Julien Chavanne.
Emmanuel Macron voulait aller plus loin que son prédécesseur François Hollande. Par sa présence, ici, sous le pont de Bezons, là où il y a 60 ans, la police française a tué des Algériens. Par ses mots aussi. Dans un communiqué, le chef de l'État évoque « les crimes inexcusables commis sous l'autorité de Maurice Papon », le préfet de police de Paris à l'époque. L'État français reconnait aujourd'hui des « des crimes ». C'est trop peu, pour Mehdi Lallaoui, le président de l'association Au nom de la mémoire, qui rassemble des descendants de victimes : « On a massacré des gens. Sur ce pont, sur le pont de Neuilly, partout à Paris. On leurs a tirés dessus, et ce n'était pas des escadrons de la mort qui étaient, comme en Amérique latine, masqués. C'était la police française. Et on n'est pas capable de dire 60 ans plus tard cette vérité ? » Une occasion manquée aussi pour Hamchaoui Abdelmalek du collectif de Nanterre du 17 octobre 1961, son grand-père a été jeté à l'eau par la police : « Papon, à l'époque, il n'était pas tout seul, il y avait la République également, de A à Z. il y avait le président, le ministre, ils ont tous été complices pour le crime d'État. » Les descendants de victimes attendent toujours la vérité totale sur ce qu'il s'est passé et des réparations il y a 60 ans. Julien Chavanne, au pont de Bezons à Colombes, RFI.
SB : Toujours en France, un hommage à Samuel Paty également.
Ce professeur d'histoire-géographie assassiné il y a un an maintenant, pour avoir montré en classe des caricatures du prophète Mahomet. À Conflans-Sainte-Honorine tout d'abord, au collège où il enseignait en région parisienne. Hommages à Paris également. Sa famille reçue à l'Élysée, un square situé face à la Sorbonne sera rebaptisé square Samuel Paty. Hommage aussi du Premier ministre aujourd'hui au ministère de l'Éducation. Jean Castex y a salué la mémoire d'un serviteur de la République.
(Traduction manquante)
SD : Hommage de Jean Castex à Samuel Paty.
SB : Au Yémen, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite communique sur ses faits d'armes.
SD : Elle affirme aujourd'hui avoir tué 160 rebelles houthis. Dans de nouveaux raids menés au sud de Yarib. Une ville d'importance stratégique, la dernière grande ville encore contrôlée par le gouvernement dans le nord du pays. Et elle est le théâtre d'affrontements qui ont déjà fait des centaines de morts ces derniers jours.
SB : L'au revoir, l'auf wiedersehen, d'Angela Merkel à Recep Tayyip Erdogan.
SD : Alors que les négociations se poursuivent, en Allemagne, pour former une nouvelle coalition et désigner son successeur, la chancelière allemande a rendu aujourd'hui une dernière visite officielle à son homologue turc. Sans nier leurs nombreux différends, les deux dirigeants ont cependant préféré insister sur leurs efforts pour trouver des compromis. Et pour que le travail continue, notamment sur la question migratoire. À Istanbul, Anne Andlauer.
Recep Tayyip Erdogan ne l'a pas dit ainsi, mais il va sans doute regretter Angela Merkel. Lors de leur dernière conférence de presse commune, le chef de l'État turc a, en tout cas, souhaité plusieurs fois la poursuite, avec le nouvel exécutif allemand, de ce qu'il a appelé « nos travaux réussis avec madame Merkel ». Il a salué le « leadership » de la chancelière et loué son approche « constructive » pendant les 16 années où ils se sont côtoyés. Sans surprise, les deux dirigeants sont donc revenus sur l'accord migratoire de 2016, conclu entre Ankara et l'Union européenne, mais négocié en réalité par Angela Merkel. Cette dernière a assuré que l'Union européenne continuerait de soutenir la Turquie, rappelant les six milliards d'euros déjà alloués à ce pays pour l'aider à accueillir plus de 3,7 millions de Syriens et jugeant « nécessaire » de soutenir Ankara dans sa lutte contre le trafic d'êtres humains. « Nous avons toujours cherché des solutions », a souligné la chancelière, évoquant également les violations des droits de l'Homme en Turquie. Avant d'ajouter cette phrase qui résume bien ce qu'a été l'approche d'Angela Merkel à l'égard de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan : « Nous pouvons avoir des points de vue différents, mais nous sommes liés les uns aux autres. » Anne Andlauer, Istanbul, RFI.
SB : Dans l'actualité africaine, quatre mois après être rentré en Côte d'Ivoire, l'ancien président Laurent Gbagbo lance son propre parti.
SD : Avec un congrès qui durera jusqu'à demain, dimanche, et une idée en tête bien sûr : l'élection présidentielle de 2025. Le Front populaire ivoirien, le FPI, son parti historique étant désormais aux mains de Pascal Affi N'Guessan, Laurent Gbagbo se démarque donc avec ce nouveau parti. Il devrait s'appeler le Parti des peuples africains de Côte d'Ivoire, le PPA-CI.
SB : En RDC, des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Kinshasa.
SD : Une manifestation à l'appel de l'opposition pour contester la nomination de Denis Kadima à la tête de la Céni, la commission électorale. La majorité des chefs religieux, chargés de choisir le prochain chef de la Céni, ont approuvé sa nomination, validée d'ailleurs aujourd'hui par l'Assemblée nationale congolaise, mais les catholiques et les protestants le jugent toujours trop proche du pouvoir.
SB : En Gambie, à moins de deux mois de la présidentielle, ce sont quelque 400 personnes qui ont participé à une manifestation aujourd'hui dans la capitale Banjul.
SD : Vêtus de blanc, les manifestants réclamaient la réparation des crimes commis sous l'ère Yahya Jammeh.
SB : Et puis dans l'actualité, la Russie. Que s'est-il passé dans la prison de Vladikavkaz ?
SD : Une mutinerie, une émeute, survenue sur place. D'après les déclarations officielles dans ce Caucase russe, l'incident n'a pas fait de victimes, mais les détenus dénoncent des actes de torture, Paul Gogo.
D'après les associations de défense des droits de l'Homme, plus de 200 détenus auraient pris part à une émeute, vendredi dernier, dans une prison de Vladikavkaz, dans le Caucase. Selon le récit des forces de l'ordre, les forces spéciales seraient venues à bout de cette rébellion en quelques heures. Officiellement, l'incident n'a fait aucune victime, mais d'après l'ONG spécialisée Gulagu.net, des détenus se seraient ouverts les veines pour faire cesser les violences policières. Il y a quelques jours déjà, ce site spécialisé avait mis en ligne des images issues des services pénitentiaires russes, des images terribles qui montraient des actes de torture dans une colonie pénitentiaire de la région de Saratov. L'ONG affirme, après avoir pris contact avec des prisonniers de Vladikavkaz, que c'est un ras-le-bol des actes de violence des gardiens qui aurait poussé les détenus à l'émeute. De tels faits sont récurrents en Russie. Les dernières émeutes de ce type dataient d'avril dernier, dans une colonie sibérienne. Et à chaque fois, les ONG effectuent le même constat : les détenus ayant participé aux troubles sont, dans les semaines qui suivent, sévèrement punis par leurs gardiens. Paul Gogo, Moscou, RFI.
SD : Et voilà, c'est déjà la fin ce Journal en français facile. Merci Sylvie Berruet de l'avoir présenté avec moi.
SB : Avec plaisir.
SD : Et merci à vous chers auditeurs, bonne soirée à tous.