Journal en français facile 03 décembre 2018
Clément Fraioli : Vous écoutez RFI, il est 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir ! Soyez les bienvenus dans cette nouvelle édition du Journal en français facile. Un journal que je présenterai ce soir en compagnie de Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie !
Sylvie Berruet : Bonsoir.
CF : À la une, le gouvernement français tente de sortir de la crise des « gilets jaunes ». 48 h après les violentes manifestations à Paris, une réunion était organisée avec plusieurs personnalités politiques. Le gouvernement, qui promet de nouvelles mesures à venir.
SB : Au Yémen, alors que de discussions de paix doivent s'ouvrir prochainement, l'émissaire (l'envoyé) de l'ONU est sur place. Dans le même temps, la coalition arabe a autorisé l'évacuation de rebelles blessés.
CF : Le monde ne va pas dans la bonne direction pour lutter contre le changement climatique selon Antonio Guterres. Le secrétaire général des Nations Unies s'exprimait en Pologne au 2e jour de la COP24, la conférence de l'ONU sur le climat. « Le changement climatique avance plus vite que nous et nous devons rattraper notre retard avant qu'il ne soit trop tard », a-t-il insisté.
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SB : Après les violences de ce week-end à Paris en marge des manifestations des gilets jaunes, l'exécutif tente de reprendre la main.
CF : Une grande consultation politique était organisée aujourd'hui à Matignon. Consultation qui doit amener à l'annonce de nouvelles mesures par le gouvernement. Julien Chavanne, les responsables des différents partis et invités à participer à cette réunion.
Ils avaient 30 minutes pour se faire entendre. La trentaine de responsables politiques de droite, de gauche et de la majorité ont défilé dans le bureau d'Edouard Philippe, avec leurs nombreuses doléances. De la dissolution de l'Assemblée à un Grenelle de la fiscalité en passant par la hausse du salaire minimum. Mais une revendication les rassemble tous, à l'exception des écologistes : l'annulation ou la suspension de la hausse de la taxe sur les carburants. Le Premier ministre les a poliment écoutés, mais à la sortie, les positions des uns et des autres n'ont pas bougé. Une motion de censure circule toujours entre les partis de gauche. L'organisation d'un débat à l'Assemblée mercredi et jeudi au Sénat n'a rien changé non plus. C'est trop tard par exemple pour Laurent Wauquiez, le chef du parti Les Républicains. D'ici là, Edouard Philippe doit annoncer des premières mesures, autrement dit lâcher du lest. Mais est-ce que ce sera suffisant ? Le collectif de « gilets jaunes » conviés par Matignon demain a finalement décliné l'invitation d'Édouard Philippe.
SB : Voilà pour la réponse politique, mais il y a aussi la réponse judiciaire.
CF : À la suite des violences de samedi, au moins 57 personnes ont été présentées devant le tribunal de Paris aujourd'hui. Au total depuis deux jours, 139 suspects ont été présentés devant le Parquet. Ils sont poursuivis pour actes de violence sur personne dépositaire de l'autorité publique", « dégradations », « regroupements en vue de commettre des violences », ou bien encore « port d'armes ». Dans l'attente des « mesures » promises par le gouvernement, les gilets jaunes ont poursuivi leur mobilisation ce lundi. Plusieurs dépôts de pétrole étaient bloqués. Résultat, des ruptures de carburants, totale ou partielle, dans certaines régions, comme la Bretagne. Le trafic était lui aussi perturbé sur plusieurs axes routiers où les manifestants ont mis en place des barrages filtrants.
CF : Et puis à ce mouvement des gilets jaunes, celui des lycéens s'est ajouté aujourd'hui. Plus d'une centaine de lycées étaient bloqués en partie ou totalement. Les lycéens protestent contre la réforme de l'Éducation et parfois même affichent leur soutien aux gilets jaunes.
SB : Dans l'actualité internationale, au Yémen, l'Arabie Saoudite autorise l'évacuation de rebelles Houtis blessés.
CF : Ils ont été évacués vers le Sultanat d'Oman. Un peu plus tôt aujourd'hui, le médiateur de l'ONU, Martin Griffiths, est arrivé à Sanaa, la capitale contrôlée par les rebelles. Murielle Paradon, l'autorisation par Riyad de cette évacuation vise à faciliter de nouvelles discussions de paix.
Cinquante rebelles blessés ont quitté Sanaa, direction Oman, pour y être soignés. Le porte-parole de la coalition arabe anti-rebelles parle d'« une mesure destinée à instaurer la confiance » avant de nouveaux pourparlers de paix. À la tête de la coalition : l'Arabie saoudite qui contrôle le ciel aérien yéménite et qui a donc autorisé les rebelles à partir à bord d'un avion affrété par l'ONU. L'évacuation des blessés constituait une demande forte des rebelles houthis et était en partie à l'origine de l'échec des derniers pourparlers de paix sur le Yémen, en septembre dernier. De nouvelles discussions doivent avoir lieu en Suède, dans les jours qui viennent, sous l'égide de l'ONU. L'émissaire onusien s'est rendu à plusieurs reprises au Yémen ces derniers temps pour préparer le terrain et il était encore là ce lundi. La communauté internationale fait également pression pour que les pourparlers de paix puissent aboutissent. Quatre ans de guerre ont fait au moins 10 000 morts et plongé le Yémen dans une grave crise humanitaire. La moitié de sa population est aujourd'hui menacée par la famine.
CF : Les précisions de Murielle Paradon. Et la délégation, les représentants, des rebelles yéménites devant participer aux négociations de paix, quittera Sanaa pour Stockholm en Suède, demain mardi. C'est ce qu'annonce le ministre des Affaires étrangères du Koweït.
SB : Il était membre de l'OPEP depuis 57 ans, le Qatar va quitter l'organisation des pays exportateurs de pétrole.
CF : Ça se fera en janvier prochain. L'influence du Qatar au sein de l'OPEP est limitée en raison de sa faible production de pétrole. Altin Lazaj, le pays souhaite désormais se tourner vers le gaz.
Le Qatar voit son avenir économique dans la production gazière, le pays est le premier exportateur de GNL, le gaz naturel liquéfié. L'objectif est de produire 110 millions de tonnes de gaz par an contre 77 millions actuellement. Mais la production pétrolière du Qatar au sein de l'OPEP est faible : 600 mille barils par jour. Ce qui ne justifie plus, estime officiellement l'émirat, sa présence dans l'organisation. Mais on connaît la dégradation des relations avec le chef de file de l'OPEP. L'Arabie saoudite, soutenue par les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte a décidé en juin 2017 d'imposer au Qatar un embargo économique et politique. Riyad accuse Doha de soutenir le terrorisme et d'être trop proche de l'Iran, principale adversaire de l'Arabie saoudite dans la région. Le Qatar participera cependant à la réunion ministérielle de l'OPEP le 6 et 7 décembre, où se décidera peut-être une réduction de l'offre du brut.
SB : 3 jours après sa mort, l'hommage national à George Bush père a débuté aujourd'hui aux États-Unis.
CF : Un hommage qui durera une semaine. Aujourd'hui, le cercueil du 41e président américain est transféré du Texas à Washington. Il doit être exposé sous le Capitole jusqu'à mercredi, jour de deuil national et des funérailles. George Bush père est mort vendredi dernier à 94 ans.
SB : C'est un choc politique en Espagne. Pour la première fois, un parti d'extrême droite fait son entrée dans un parlement régional.
CF : Ça se passe en Andalousie, la région la plus peuplée du pays. Le parti Vox, c'est son nom, a remporté 12 sièges au parlement andalou, lors d'élections législatives anticipées. Il met ainsi fin à la domination de la gauche dans la région. C'est un revers, une défaite, pour le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. Le Parti Populaire, de droite, et Ciudadanos, de centre droit, n'ont pas exclu une alliance avec Vox.
SB : L'heure est grave pour le climat. C'est le message délivré par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à la COP24.
CF : La 24e conférence des Nations Unies se tient en ce moment en Pologne. Pour Antonio Guterres, le monde ne va pas dans la bonne direction pour lutter efficacement contre le changement climatique. D'où son cri d'alarme lancé à la tribune.
Nous avons un grave problème de changement climatique. Il avance plus vite que nous, et nous devons rattraper notre retard le plus vite possible avant qu'il ne soit trop tard. Pour beaucoup de gens, de régions, même de pays, c'est déjà une question de vie ou de mort. Et cette rencontre est la plus importante sur le changement climatique depuis la signature de l'accord de Paris. Et c'est à nous de souligner l'urgence de la situation. Alors que nous sommes les témoins d'impacts climatiques dévastateurs provoquant le chaos à travers le monde, nous ne faisons toujours pas assez, nous n'allons pas assez vite pour empêcher des perturbations climatiques irréversibles et catastrophiques.
SB : En football, on connaîtra ce soir le nom du gagnant du Ballon d'Or.
CF : 3 Français figurent parmi les favoris, les attaquants Kylian Mbappé, Antoine Griezmann et le défenseur Raphaël Varane. Mais les champions du monde pourraient se faire griller la politesse, et se faire battre par le milieu de terrain croate Luka Modric. Verdict vers 21h heure temps universel, 22h heure de Paris. Football toujours, en attendant le Ballon d'or, on connaît les affiches des demi-finales de la Ligue des Nations. Le Portugal et la Suisse s'affronteront le 5 juin prochain, tandis que les Pays-Bas rencontreront l'Angleterre le lendemain... C'est la fin de ce Journal en français facile. Merci à Sylvie Berruet de m'avoir aidé à le présenter. Bonne soirée !
SB : Bonne soirée...